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Vers l'agrypnie et au-delà

Sujet numéro 48 : Sergent Lukas Middleton, 23 ans, 1m84, 76kg. Officier superviseur : Major Matteo Palanti. Projet Gilgamesh. Septième jour. Drip, drip, drip. L'eau dégouline lentement des cheveux de Lukas sur son front, jusqu'à son nez, pour couler le long de celui-ci, à la pointe duquel elle s'accumule peu à peu, jusqu'à enfin former une goutte suffisamment pesante pour s'en détacher et rejoindre le sol. Le soldat papillonne des yeux, pour éviter que le liquide n'y pénètre, mais ses paupières sont presque trop lourdes de sommeil pour lui permettre ce simple réflexe. Ça doit faire quelque chose comme cinq fois maintenant que le Major a eu recours à cette technique pour empêcher son sous-officier de s'endormir. C'est à croire qu'il prend plaisir à lui jeter des seaux d'eau froide à la figure. La vive lumière artificielle braquée droit sur le visage du jeune homme ne lui permet cependant pas d'en avoir la certitude, puisqu'elle l'e...

Sommeil paradoxal

Un rayon de soleil qui tombe très exactement sur mes paupières closes me réveille. Certains n'aiment pas ça du tout, mais pas moi. Au contraire, j'ai tout agencé dans ma chambre pour pouvoir bénéficier de ce réveil naturel. Les miroirs rotatifs que j'ai mis en place permettent même que ça survienne toujours à la même heure, quel que soit le jour de l'année. Plutôt ingénieux, me direz-vous, mais en même temps bricoler des trucs mécaniques est mon métier. Je passe mes journées à bidouiller les différents éléments de machines plus complexes les unes que les autres, alors ce système en particulier a été pour moi un jeu d'enfant. L'astre solaire, comme chaque matin, me contraint à garder les yeux fermés encore une minute bien que je ne sois plus dans l'inconscience, mais ça n'a rien d'une torture. Ça me force à me réveiller en douceur, à appréhender mon environnement de manière progressive, à l'aide de chacun de mes sens les moins affûtés, avant que...