2x12 - Danse du feu (18/18) - Perte et fracas
En début de soirée, alors que les feux d'artifices ne devraient plus tarder à illuminer le ciel, Alek est encore en compagnie de Jack dans la salle à manger. Il a commencé par lui présenter Robert comme seule origine du signal sur lequel sont basés les mandats qu'il a rapportés, car il n'a pas oublié la réaction de Jena au matin face à l'idée de mentionner sa petite sœur à Bertram. Si Jack n'a pas les antécédents du scientifique de l'ombre, et qu'il est par conséquent moins improbable que la jeune femme accepte de l'inclure dans la confidence, le père de famille préfère rester prudent avant d'avoir pu obtenir le consentement explicite de cette dernière. En ce qui concerne Rob, il ne doute pas qu'il aurait trouvé un moyen de lui faire parvenir son objection à être ainsi mentionné, s'il en avait eu une.
En dépit de ses efforts, le petit génie a cependant rapidement relevé l'incohérence selon laquelle l'étudiant en médecine était encore réveillé lors de sa visite au laboratoire de l'ingénieur, dont il a été témoin par l'intermédiaire des bandes de surveillance qu'il a subtilisées à l'armée. Et pourquoi Rob se serait-il rendu là-bas avant l'arrivée des ennuis ? À partir de ce constat, le blondinet a eu établi le lien avec la plus jeune des Miller avant que l'adulte n'ait eu le temps d'en placer une. C'est le récit le plus plausible pour faire coller les similarités entre les accidents de Caroline et Robert, et justifier la présence de Jena au laboratoire cette nuit-là. Le patriarche soupire à la perspicacité de son jeune visiteur, à la fois embêté et impressionné. Puisqu'il ne peut plus nier, il se contente de lui faire promettre de ne pas faire mention de la jeune fille téléversée devant la prochaine personne qu'il va lui présenter.
Le fait que les signaux des deux comateux aient été repérés dans les locaux de DG oblige le père de famille à raconter la vérité sur ce qui est arrivé à sa fille. Il y a une certaine logique circulaire dans le fait que vouloir cacher leur transcendance soit justement à l'origine de l'enlèvement de Mae, et que son sauvetage soit maintenant ce qui les a potentiellement conduits à être découverts, mais il ne s'étend pas sur cette ironie du sort. Au lieu de ça, il fait descendre Gregor. Au point où il en est dans ses révélations, il ne voit pas l'intérêt de le garder secret. Sans compter que le scientifique à lunettes était bien l'auteur du message incitant à inclure le petit blond dans la boucle, et il est très inquiété par ce que le surdoué rapporte. Il a toujours dit que d'anciens collègues étaient à ses trousses, mais qu'il existe un autre lien qui pourrait amener le danger à la porte des Quanto n'est pas une bonne nouvelle.
À aucun moment dans les échanges sur la marche à suivre pour protéger la maisonnée il n'est fait mention des Homiens. Andy reste invisible, et Greg prétend être retenu prisonnier uniquement par l'implant dans son cou et l'intelligence artificielle qui habite les lieux. Il est curieusement convainquant, pour quelqu'un qui n'avait eu aucun contact avec TOBIAS avant quelques heures auparavant.
Le sujet des mentors de Jena est esquivé également. D'ailleurs, le rôle exact de cette dernière n'est pas explicité. Son entrée en contact avec l'anneau en premier lieu n'est liée qu'à ses aventures dans l'Est du continent, après sa fugue, sans que plus de détails ne soient apportés. Alek ne saurait dire si Jack ne pose pas plus de questions parce qu'il sent qu'il a atteint le seuil de tolérance de son hôte, parce qu'il a déjà tout compris par lui-même, ou bien parce qu'il est tout simplement plus intéressés par le présent problème. Quoi qu'il en soit, il lui en est gré.
Tout à coup, les bruits de la porte de derrière qui s'ouvre avec fracas et d'un objet lourd qui s'écrase sur le plancher font sursauter les trois hommes autour de la table alors qu'ils sont encore en train de discuter des ramifications possibles des avis de recherches dénichés par le plus jeune des trois.
— Il y a quelqu'un ? s'enquiert une voix qui pousse Alek et Gregor à s'entre-regarder avec perplexité.
Ils pensent la reconnaître, mais ni l'un ni l'autre ne comprend comment ils peuvent l'entendre maintenant.
Avant qu'ils aient eu le temps de le retenir, Jack les a devancés dans le couloir, et il y découvre Kayle. En tenue civile, un objet à peine plus gros qu'une boule de bowling à ses pieds, l'extraterrestre penche la tête sur le côté à la vue du jeune tatoué. Puis, d'un petit coup de pied désinvolte, il fait rouler le sphéroïde dans sa direction.
Alek serre les poings et les mâchoires en constatant le face-à-face une seconde trop tard. De toute évidence, Jack est déjà implicitement au courant que le tueur en série n'est pas exactement celui qui a enlevé Mae, mais il espérait encore trouver une explication plausible à sa place dans cette affaire. Peut-être qu'apprendre que sa fille en a été tout à fait capable avec ses deux meilleurs amis, quelques heures plus tôt, sera finalement pour lui un plus grand soulagement qu'elle ne l'envisage.
— Je l'savais ! Je savais que vous étiez dans le coup ! s'écrie Jack, faisant quelques pas vers Kayle en le pointant du doigt, un immense sourire sur le visage.
Il adore avoir raison, et c'est en train de lui arriver à répétition depuis plus d'une heure déjà. Il sent bien qu'Alek ne lui dit pas tout, peut-être par souci de ne pas l'ensevelir d'éléments nouveaux, ou parce qu'il est lui-même un peu perdu dans ce qui se passe chez lui. Peu importe. Ce qui compte, c'est qu'il a déjà eu confirmation de beaucoup de ses hypothèses. Et ce visage-ci, c'est celui de l'homme qu'on a accusé d'avoir enlevé Mae, et comme il n'a pas l'air de s'être évadé de prison pour se venger, ça signifie qu'il fait bel et bien parti du coup monté, non ?
— Qu'est-ce que tu fais ici ?! rugit Andy entre ses dents, apparue au bas des escaliers, derrière Jack.
Toute discrétion a été abandonnée dès le moment où elle a perçu l'approche de son congénère. Elle aurait aimé le repérer avant qu'il ne se présente devant quelqu'un à qui ils n'avaient pas encore été obligés de se manifester, mais ce n'est pas pour rien qu'ils ont eu tant de mal à l'arrêter au départ. C'est horripilant à quel point il est doué pour se fondre dans cet environnement.
L'adolescent se retourne vers cette nouvelle voix, et son sourire se transforme en O lorsque sa mâchoire se décroche parce qu'il reconnaît la jolie blonde qui sort avec Uriel. C'est aussi la colocataire de Strauss. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Quelle est sa connexion avec un potentiel tueur en série et absolument bouc émissaire à l'autre bout du couloir ?
— Je me suis fait attaquer par un robot-tueur ; vous aviez non seulement besoin d'être avertis du danger mais aussi potentiellement d'être protégés, se justifie Kayle, écartant les bras devant l'évidence qui n'en est pourtant pas une pour tout le monde.
— Un robot-tueur ? Sérieusement ? grogne Andy, jaugeant l'encéphale électromécanique sur le sol avec dédain.
— Oui, sérieusement. Heureusement pour moi, il n'avait pas l'air de savoir ce dont j'étais capable. Pourtant, il a bien mon visage enregistré dans son système comme sa cible numéro 1. D'où mon inquiétude pour vous… insiste le blondinet de l'espace, avec une moue froissée au peu de crédit qu'on accorde à sa parole.
Ils se sont assurés eux-mêmes de sa bonne volonté lorsqu'ils l'ont pour ainsi dire lobotomisé. Il ne voit pas ce qu'il est supposé faire de plus pour les en convaincre. Il ne devrait même pas avoir à le faire, en fait.
— Si tu t'en es sorti, pourquoi ce ne serait pas notre cas ? Et comment est-ce que ce truc pourrait avoir ton visage dans ses fichiers ? continue la Protectrice dans son mépris furibond.
Les Homiens n'apparaissent pas sur les images de surveillance. Il ne s'agit pas là d'une capacité vampirique, de vibration à une fréquence spécifique, ou même d'émission de radiations lumineuses particulières, c'est juste que l'un des leurs voire tout un groupe d'entre eux est en fait en immersion dans le Réseau en permanence pour empêcher que toute trace compromettante puisse être laissée. C'est limite, du point de vue des Accords, mais tant que les individus en question n'agissent que dans cet unique but, ça reste acceptable. Patrick dirait sans doute que ce détail explique beaucoup de choses dans les meurtres de Kayle, mais ce serait une accusation à tort, puisqu'évidemment il n'était plus couvert par cet arrangement pendant sa période de carnage. C'est entièrement à l'ancienne qu'il a évité les caméras lors de ses crimes.
— Ce truc est compartimenté ; il a accès au réseau sans que le réseau n'y ait accès. Et il a des images d'un enregistrement qui a été fait par une machine entièrement isolée. Un enregistrement de chez DG, Kayle explique le fait que leurs congénères n'aient pas pu agir, tout en ignorant royalement l'insinuation selon laquelle il n'était pas nécessaire pour lui de se déplacer.
Chuck n'est pas là. Quant à Strauss, même s'il l'était, il est essentiellement inutile dans une bagarre. À eux trois, Ben, Chad, et Andy ne sont pas suffisamment nombreux pour assurer la sécurité et surtout la discrétion de tous les individus impliqués dans le démantèlement du laboratoire. C'est de l'arithmétique de base. Rien à voir avec le fait qu'il s'ennuyait comme un rat mort dans sa cellule, en plus d'estimer que ce n'était pas vraiment lui qui méritait d'y être mais la partie de lui qu'on lui a prise…
— Il n'y avait aucune caméra qui couvrait cet angle de vue là-bas, intervient tout à coup Caroline, son hologramme apparaissant genou à terre au-dessus de la tête de métal, tandis qu'elle utilise déjà les capteurs de TOBIAS pour en analyser le contenu.
Jack reste bouche bée alors que ses yeux quittent la dernière nouvelle participante pour se poser sur sa successeuse. Il devine qu'il s'agit là de la petite sœur de Jena. Ou en tous cas l'image qu'elle se donne ces jours-ci. Il doit bien admettre qu'il ne s'attendait pas à de la transcendance avant qu'Alek ne lui en parle, mais ça colle avec sa théorie d'une intelligence artificielle plus avancée qu'il n'est légal. Il n'avait pas encore été prévenu pour la projection son et lumière, ceci dit. Joli !
— Caméras-nuées… murmure Greg, haussant les sourcils d'étonnement, et attirant malgré lui l'attention de toute l'assemblée.
— Tu étais au courant qu'il y avait ce type de mesure en place et tu n'as rien dit ? l'admoneste l'adolescente, son image le foudroyant du regard.
Il reste interdit. Il ne sait pas qui elle est, ni comment elle est apparue. Il n'a pas encore eu droit à cette démonstration de la part de Robert. Et elle n'est qu'une enfant. Comment sait-elle seulement ce que sont des caméras-nuées ?
— Er… Je n'étais pas au courant, c'est juste une présomption. Il aura fallu au moins ça pour que votre équipe passe à côté, mais je ne savais pas qu'il y en avait chez DG. Ces trucs-là sont presque indétectables, il parvient tout de même à se défendre, s'efforçant de ne pas se laisser déstabiliser.
— J'ai déjà entendu parler du concept. Ça n'a jamais été approuvé ; ça aurait représenté un trop grand risque pour la vie privée, ajoute Alek.
— Je m'inquiète plutôt de qui les a mis là… s'en mêle alors Robert.
Il est plus subtil dans son apparition que sa compagne d'infortune, prenant soin de se projeter dans le salon d'abord, à l'abri des regards, avant de faire un pas dans le couloir, à la vue de tous. Il toise d'ailleurs la jeune fille avec un air de jugement, pour avoir ainsi transgressé sans scrupule les volontés exprimées par sa grande sœur le matin-même. Pour tous les efforts qu'a déjà faits et pourra continuer à faire Alek d'omettre sa situation et son nom à Gregor, il est désormais au courant qu'un second hologramme doté de conscience existe. Il est peu probable qu'il s'imagine qu'elle est la manifestation de T.O.B.I.A.S..
— On a vérifié le registre des employés et des intervenants extérieurs. Hormis Gregor ici présent, et la pauvre secrétaire que Kayle a renvoyée chez elle au cours de notre intervention – qui est présumée morte et ne possède de toute façon ni les compétences ni les relations suffisantes pour être responsable – tout le monde est bel et bien hors d'état de nuire, témoigne Caroline d'une traite, sûre d'elle.
Il n'y a pas d'équivalent numérique d'un regard sévère, ce qui lui facilite la tâche de passer outre celui de son compagnon d'infortune. Mais quelque chose souffle à l'étudiant qu'elle y serait parvenue même s'ils se tenaient physiquement en présence l'un de l'autre. Tant pis, il lui fera la morale plus tard.
— Ce n'est peut-être pas quelqu'un de DG. Un compétiteur peut avoir mis en place un système parasite, suggère timidement Greg.
— Mais pourquoi est-ce que quelqu'un voudrait s'en prendre à ceux qui ont neutralisé ses compétiteurs ? Je n'ai pas l'impression qu'on ait voulu remercier ou enrôler Kayle, questionne Alek.
Il n'a en ce qui le concerne pas oublié le caractère "tueur" du robot rencontré par l'alien, et dont il leur a ramené la tête, toujours au sol au milieu d'eux tous.
— Il n'y a qu'un pas entre compétition et coopération, dans ce monde, répond le scientifique à lunettes avec un haussement d'épaules.
Au-delà de vouloir venger DeinoGene, il se peut que leurs espions, les commanditaires du robot-assassin, se sentent menacés par le mystérieux groupe qui a réussi à les neutraliser en une seule intervention. DG était une institution solide. Ils avaient déjà survécu à un raid massif des autorités fédérales. Qu'une poignée d'illustres inconnus aient pu les faire tomber en une seule opération coup-de-poing a donc de quoi inquiéter des organisations plus fragiles qu'eux.
— Il a tout le monde en plus de Kayle : Vladas, Strauss, Mae, Gregor, puis Sam et Andy, Ben, Chuck, Chad. Siegfried et Jena. Vous êtes tous des cibles, Robert rapporte les résultats du scan détaillé de la tête de l'androïde, non sans un pli inquiet sur le front de son hologramme.
— Ce n'est plus qu'une tête arrachée. Est-ce que la menace n'a pas été neutralisée ? propose Alek, même si sans trop y croire.
— Il a un numéro de série, Caroline ajoute à l'analyse, une moue désolée sur son visage projeté.
Si un modèle a été envoyé, d'autres le seront sans doute. Faire usage de demi-mesures serait une bien étrange stratégie de la part de leurs nouveaux ennemis de l'ombre.
— Ahem. Pourquoi vous croyez que j'ai jugé bon d'écourter mon séjour au pénitencier ? Ces trucs ne vont pas arrêter de venir. Je pense que mon aide ne sera pas de trop si ses collègues arrivent pour s'en prendre à quelqu'un d'autre, raille Kayle.
Il est soulagé que tout le monde en soit enfin arrivé à la même conclusion qu'il a lui-même établie dès qu'il a compris que ce n'était pas un garde qui était entré dans sa cellule.
— Mae est dehors. Et Sam aussi, déclare Alek d'une voix blanche, la panique lui serrant la gorge.
— Ils sont en public. Et elle a Ben et Chad à proximité, ajoute l'alien blond pour le tranquilliser.
L'adolescente est indéniablement en sécurité dans l'immédiat. Quant à l'oncle, il a un animal à ses côtés. Ce sont de très bons systèmes d'alerte en général, et celui-ci l'est d'autant plus par son éducation. Pour plus tard, il faudra aviser, mais ils devraient avoir le temps de s'organiser avant la prochaine attaque.
— Et Caesar et Markus ? Est-ce qu'ils sont aussi en danger ? le père cite ses autres enfants.
Mae a été enlevée pour l'atteindre. Ce ne serait pas la première fois que des proches sont utilisés pour mettre à exécution une menace qui plane sur quelqu'un. De plus, Markus est adjacent à Jena, et Caesar à Sam.
— Ils ne sont pas sur la liste, se permet de rappeler Rob, même s'il se doute bien que ce n'est pas suffisant pour les mettre entièrement hors d'état de nuire.
Ça veut seulement dire qu'ils ne sont pas en première ligne. Mais pour le moment, il ne trouve pas d'autre argument pour saper sa propre inquiétude pour son meilleur ami. Le robot dont la tête repose sur le parquet des Quanto a été programmé pour tuer. Il est programmé pour s'infiltrer discrètement jusqu'à sa cible, et ensuite mettre tout en œuvre pour l'éliminer. Même si les deux codes n'ont absolument rien à voir, il ne trouve rien dans le sien qui dénote d'une émotion comme il peut en trouver dans celui de Caroline. Même T.O.B.I.A.S. lui donnerait plus l'impression d'avoir une âme que cette chose.
— J'aurais en effet tendance à dire qu'ils ne devraient pas être ciblés dans un premier temps. Mais si ça peut vous rassurer, votre aîné est avec la brune, à haute vélocité, et l'autre est dans une foule, comme votre fille et votre frère. Je pourrais aller monter la garde autour d'eux tous, mais je doute que ma congénère ici présente soit d'accord… ajoute Kayle pour apaiser les craintes du père, du mieux dont il en est encore capable dans son état mental.
Alek souffle lentement, prend appui sur la rambarde des escaliers, puis finit par carrément s'asseoir sur l'une des premières marches.
Quelques pas plus loin, Jack, resté silencieux depuis l'apparition de Kayle, continue à observer tous les participants à cette discussion avec des étoiles dans les yeux. Il n'a pas encore tous les détails, mais il est plus impatient que jamais de les obtenir. Malgré l'angoisse ambiante, il est persuadé que cette fine équipe saura faire face à l'adversité avec brio. Et il est particulièrement ravi d'enfin être de la fête.
— Super. J'ai tellement hâte que Chad soit de retour… grogne finalement Andy, excédée.
Non seulement il va falloir expliquer qu'un nouvel Humain est entré dans le cercle, mais aussi qu'il est allé jusqu'au niveau de confidence qui les concerne. Tout ça parce que Kayle a décidé qu'il était temps pour son châtiment de finir. Ce blondin a vraiment intérêt à avoir une couverture en béton pour son départ de prison. Et vraiment se rendre utile pour souffler cette nouvelle menace qui s'annonce. Sinon, la Protectrice n'attendra pas le jugement d'Home ou même la main forte de ses congénères pour lui régler son compte.
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