2x12 - Danse du feu (12/18) - Escapade
Markus descend de l'étage pour prendre un verre d'eau, son habituel prétexte à une coupure dans ses révisions, lorsqu'il remarque que TOBIAS signale une présence sur le porche, par une diode lumineuse discrète. Qu'aucune alerte n'ait été levée signifie que la personne ne représente aucun danger, mais l'étudiant va tout de même vérifier de quoi il s'agit, la curiosité l'emportant. Sans Mae ni Caesar, tout est beaucoup trop calme dans la maison. Bon, surtout sans Mae, puisqu'en plus d'être d'une furtivité impressionnante leur frère n'est presque jamais là de toute façon, depuis son retour. Il y a bien son père et Gregor, qui échangent dans la salle à manger, mais il semblerait que le plus jeune des deux scientifiques relève le défi de s'exprimer encore plus doucement que son aîné, ce que l'étudiant n'aurait pas pensé possible. Toujours est-il qu'il a grand besoin de distraction.
Par l'œilleton, il repère une chevelure brune mi-longue qu'il ne connaît que trop bien ; Jena est assise sur les marches du perron. Il se demande si elle est restée là depuis son départ en tempête dans la matinée. C'est peu probable, puisqu'il aurait remarqué si la lumière avait été allumée lorsqu'il est descendu déjeuner, aussi vite il est passé. Mais si elle est revenue, pour quelle raison ? Ou dans quel but ? La main à plat sur la porte, il considère l'option de la laisser tranquille. Si elle voulait parler à quelqu'un en particulier, elle serait entrée, non ? Mais le fait qu'il sera bien incapable de retourner travailler sans s'être assuré que tout va bien douche son élan raisonnable.
— Hey. Toujours là ? il interpelle doucement la jeune femme après s'être glissé dehors le plus silencieusement possible.
— Je suis partie et revenue, en fait, elle confirme l'analyse mentale qu'il a eue un instant plus tôt sans se retourner.
Elle l'a entendu arriver derrière elle malgré ses efforts. Comme elle ne lui a pas sauté à la gorge pour qu'il la laisse seule, il vient s'asseoir à côté d'elle. Elle le laisse faire, regardant toujours devant elle, nulle part en particulier.
— Est-ce que ça va ? il s'enquiert avec toujours autant de délicatesse, se concentrant pour sa part sur ses mains entrecroisées entre ses genoux.
— Non. Mais ça viendra. T'inquiète pas pour moi.
Elle se veut rassurante. Elle parvient même à lui offrir un sourire, qu'il voit du coin de l'œil. Il le reconnaît comme triste, mais s'en contente. Qu'elle puisse s'y astreindre est déjà un bon début.
— Tu n'avais pas de plans pour le 4 Juillet ? il demande, cherchant à lancer un sujet sans conséquences, léger, innocent.
— Je ne suis pas Citoyenne, elle réplique simplement.
Markus ne peut pas retenir un reniflement à la corrélation qu'elle semble sous-entendre.
— Tu te rends compte que c'est la fête de l'indépendance, pas vrai ? Les Alternatifs ont presque plus de raisons de la célébrer que les Citoyens, il lui soumet, les sourcils toujours froncés d'incompréhension.
Beaucoup de gens argumenteraient dans le sens contraire. Quel que soit leur courant de pensée et leur degré d'investissement dans celui-ci, la plupart des non-Citoyens, même partiels, se compliquent la vie plus que leurs complémentaires ne l'estiment de rigueur. Un système monétaire pour une grande partie, un rejet de la carte SD et donc d'un stockage centralisé et sécurisé de leurs données personnelles, un manque général de traçabilité qui complique toutes les démarches administratives ; la Citoyenneté apparaît comme un indéniable avantage. Et pourtant, en n'étant pas ou plus dans le Système, n'est-on pas finalement plus libre ?
— On fait un truc, d'habitude, avec Sieg et Vlad, mais là ils sont rentrés voir leur femme, Jena revient sur sa déclaration première.
Elle l'avait donnée justement dans l'espoir de ne pas avoir à raconter qu'elle s'est plus ou moins fait abandonner, mais elle aurait dû se douter que Markus ne serait pas dupe. Il n'est pas du genre à se laisser jeter de la poudre aux yeux par une platitude évasive. Pas quand il s'agit de quelqu'un à qui il tient.
— Tu veux dire femmes, il la reprend machinalement, leur langue lui permettant de distinguer très nettement le singulier du pluriel pour ce terme, même à l'oral.
Il n'a jamais noté d'alliance sur l'un ou l'autre des deux hommes, mais peut accepter qu'ils n'en portent pas, étant donné leurs activités souvent manuelles, aussi bien que leur mode de vie marginal. Il trouve aussi logique qu'ils n'aient pas spontanément évoquer de compagnes de vie, puisqu'ils sont à la fois peu bavards et que ça n'a jamais été exactement le moment d'échanger des civilités, depuis qu'ils ont rejoint leurs aventures.
— Nope. Je veux dire femme, la jolie brune persiste et signe cependant dans ce qu'elle vient de dire, hochant la tête à l'affirmative.
— Je… il commence mais ne termine pas, incapable de trouver une suite et une fin à sa phrase.
Jena sourit, d'un sourire franc, cette fois, amusée par son expression absolument perdue. Elle avait eu un temps de latence aussi, lorsqu'ils lui avaient expliqué leur situation. Bien que tout à fait légale, la polygamie consentante n'est pas très répandue. Et parmi les arrangements de ce type, la polygynie est plus fréquente que la polyandrie. Sans doute un héritage d'une période où la population avait fortement décliné, ou peut-être des rémanences adoucies de civilisations arriérées.
— Ils font tout ensemble, elle reprend, avec un mouvement de sourcils lourd de sous-entendus, alors qu'il est toujours figé dans sa réflexion.
— Est-ce qu'elle est au courant qu'ils sont deux personnes différentes ? il lâche lorsqu'il a enfin retrouvé sa voix, tentant un trait d'humour.
Il retient de justesse un geste de célébration lorsque son interlocutrice éclate de rire. Ce sont les petites victoires qui comptent.
— Oui ! elle confirme en pouffant.
Elle se déçoit de ne jamais avoir pensé à taquiner ses mentors de cette façon depuis qu'ils lui ont parlé de leur compagne commune pour la première fois.
— C'est un concept, il déclare simplement pour clore le sujet, hochant lentement la tête alors qu'il s'habitue tout aussi doucement à cette idée.
Sans aucun jugement, il a du mal à s'imaginer comment ça peut rouler, en termes de logistique. Mécaniquement, ça le fait peut-être rougir, mais ça reste envisageable. C'est plus du point de vue émotionnel, qu'il s'interroge. Comment ont-ils rencontré leur épouse ? Est-ce qu'elle en a connu un avant l'autre ? Est-ce qu'elle n'a pas su choisir ? Est-ce que personne n'est jamais un peu jaloux, dans cette histoire ?
— Vous vous entendriez bien ; elle est infirmière, l'assure Jen, peu inspirée pour décrire la femme de ses mentors au-delà d'une banalité.
Dire qu'elle adore Daisy serait en-dessous de la vérité. Elle ne l'imaginait pas comme ça avant de la rencontrer, et elle a été une excellente surprise pour elle. Là où beaucoup de leurs collègues sont plutôt appariés à des tempéraments similaires au leur, pour la simple raison que d'autres ne supporteraient pas leur style de vie, dans beaucoup de sens, ses deux formateurs ont su s'entourer de leur parfait contrepoids. Elle est douce là où ils sont tranchants, elle est réfléchie là où ils peuvent être sanguins, elle sait être sociable quand ils se montrent sauvages. Qu'ils se soient trouvés, tous les trois, relève tout bonnement du miraculeux.
— Tu sais… Ça ne me dit toujours pas ce que tu fais ici spécifiquement, risque alors Markus après une petite pause.
Puisque Jena ne tente pas d'éviter le sujet à tout prix en comblant le silence avec des détails superflus sur autre chose, elle est peut-être suffisamment bien disposée pour en discuter.
— Elle ne veut plus me parler, elle grogne, trop vite après la question voilée pour que ça n'ait pas été en travers de sa gorge, prêt à sortir.
Elle veut bien sûr parler de Caroline. Elle aurait pu aller à l'hôpital, pour se sentir proche d'elle, mais elle a l'impression que ça n'aurait fait qu'amplifier l'aigreur de sa petite sœur. Et après là-bas, c'est ici qu'elle retrouve le plus cette sensation de proximité, peu importe combien l'adolescente est théoriquement un peu partout depuis des mois, maintenant.
— Peut-être… qu'elle ne se sent pas écoutée, poursuit Markus sur sa lancée téméraire, même si avec des pincettes tout de même, comme s'il marchait sur des œufs avec une casserole remplie d'eau bouillante à bout de bras.
— Tu prends sérieusement sa défense ? s'offusque Jena, se refermant brusquement et le foudroyant du regard au passage.
— Je ne dis pas qu'elle a raison. De toute évidence ! Mais je peux peut-être comprendre pourquoi elle n'a plus hyper envie de discuter avec toi. On t'a déjà dit que tu pouvais être assez intense ? il s'efforce de garder un ton posé pour exprimer la voix de la raison.
— C'est une qualité, proteste Jena en serrant les mâchoires.
Le côté paradoxal du fait qu'elle illustre là tout à fait le travers qui la caractérise lui échappe.
— Oui, mais pas toujours, la tempère gentiment Mark, sans diminuer dans sa prudence.
Il est le premier à admirer sa fougue, le feu sacré qui l'habite. En tout, elle est passionnée et dynamique. Il y a cependant des cas où la patience et la diplomatie sont de mise. C'est étonnant qu'elle ne s'en rende pas compte, puisqu'elle sait faire preuve de finesse dans des situations de stress intense. Mais peut-être justement n'a-t-elle appris à agir que dans l'urgence.
— Je ne le laisserai pas l'approcher, elle réitère sa décision du matin, refusant de céder un pouce de terrain.
Elle préfère ne jamais plus parler à sa sœur plutôt que la livrer à Bertram. Comment Markus peut seulement considérer cette option la dépasse, puisque le scientifique fou est responsable de la situation de sa propre benjamine. Pour elle, c'est déjà trop de clémence qu'il soit autorisé à participer à réparer les dégâts qu'il a causés. Ils devraient se débarrasser de lui à la seconde où il n'est plus indispensable.
— Alors il ne l'approchera pas ! On ne va pas lui donner libre accès à Rob non plus, quoi qu'il en dise, cette tête de mule. Et s'il trouve une solution qui tourne, on fera en sorte de la mettre en œuvre sans lui. Papa va repasser derrière lui, et les Kampbell aussi. On peut aider Caroline sans qu'il n'apprenne jamais son existence. Je te le promets, il fait son possible pour la rassurer, engageant sa parole.
La vérité, c'est qu'il n'est pas plus à l'aise qu'elle avec l'idée de faire appel à Gregor. Il a peur de tout, ces derniers temps. Il vit dans l'angoisse permanente que l'équilibre précaire qu'ils ont miraculeusement réussi à mettre en place vole en éclat. Mais il refuse de se laisser paralyser. Il est suffisamment inutile comme ça, à subir les événements plutôt que les provoquer ou y participer. Alors oui, si une opportunité pour sortir du trou se présente, aussi drastique soit-elle, il va la saisir. Tout plutôt que de rester inactif à attendre que le ciel leur tombe sur la tête.
Jena le considère un instant. La tension dans ses épaules et sa mâchoire semble diminuer à ses mots. Il l'a entendue. Ils ne vont pas ignorer son opinion. Sa sœur va rester en sécurité. Et la quête pour la sortir de son coma continue, sous contrôle. C'est tout ce qui compte pour elle. Et si Markus Quanto lui fait une promesse, aussi hors de portée elle lui soit, elle n'arriverait pas à ne pas le croire même en faisant un effort.
— D'accord. Et toi, c'est quoi, ton excuse pour être chez toi ? elle lui retourne sa question d'un peu plus tôt, déviant du sujet précédent uniquement par envie d'en changer, justement.
— Je ne peux pas traîner avec mon meilleur pote, et le peu d'autres potes que j'ai encore, je ne peux pas leur parler librement, l'étudiant résume l'état de sa vie sociale avec un certain fatalisme.
Il ne sait pas trop de quoi c'est révélateur, mais il s'est noyé dans ses études dès que les choses ont commencé à tourner au vinaigre. Après Rob d'abord, puis après Caesar, et après Mae, un petit peu plus à chaque fois. Et au fur et à mesure, ça a eu des conséquences sur le nombre de personnes différentes auxquelles il pouvait parler dans une journée. Dire que son cercle a rétréci serait en-deçà de la vérité.
— C'est drôle, c'est un truc que j'aime bien, d'habitude, Jena remarque avec un sourire en coin, mi-figue mi-raisin.
— De quoi ? il demande, puisqu'il ne la suit pas.
— Passer un peu de temps avec des gens qui ne me connaissent pas, elle précise la partie de sa prise de parole précédente sur laquelle portait son commentaire.
— Te réinventer… il paraphrase, non sans imiter son expression partagée.
À chaque fois qu'il pense avoir réussi à mettre derrière lui tout ce qui s'est mal passé entre eux, les circonstances fabriquées de leurs retrouvailles et son espionnage de sa famille, quelque chose lui rappelle ce qu'il a ressenti comme ni plus ni moins qu'une trahison. S'il ne leur en a pas voulu longtemps, il est toujours dans l'incompréhension quant à la facilité avec laquelle son père et son oncle ont passé outre la découverte de la face cachée de sa petite amie. Ils ont réussi à se focaliser sur ses bonnes intentions dès le départ, ce qu'il a eu beaucoup plus de mal à faire. Il a aujourd'hui pardonné à la jolie brune, mais la douleur de l'époque ne s'est pas effacée de sa mémoire.
— Juste pendant un temps. Quand ça n'a aucune conséquence, elle précise, devinant ce à quoi il pense, à son expression.
Lorsqu'il est question de lui, elle ne peut pas dire qu'elle a profité des aspects les plus amusants de sa profession comme elle en a l'occasion avec des cibles totalement étrangères. Il n'a jamais vraiment été quelqu'un qui ne la connaissait pas, aussi peu de temps ils ont passé ensemble au début du lycée. Et rien dans son affectation à la surveillance de sa famille ne s'est déroulé comme prévu. Elle n'était pas supposée entrer en contact, et une fois que c'était fait elle aurait dû beaucoup plus garder ses distances. En se souvenant de leur premier baiser, sur ces mêmes marches où ils sont assis aujourd'hui, elle se demande si elle aurait réellement pu leur épargner quoi que ce soit à tous les deux, ou bien si en étant plus professionnelle elle les aurait simplement privés des bons moments avant que tout ne dégénère de toute manière.
— Je ne sais pas comment faire ça, il déclare simplement, s'appliquant à rester sur le sujet présent et ne pas revenir sur le passé.
— Ce n'est pas une mauvaise chose, elle l'assure gentiment.
Elle va jusqu'à oser lui assener un gentil coup d'épaule, comme pour lui remonter le moral. De la même manière qu'il est fasciné par sa véhémence, elle admire sa droiture. Il veut toujours aider et bien faire. Il est loin de tous les profils qu'elle s'est habituée à fréquenter ces dernières années, aussi bien durant sa formation qu'en mission. Toute sa famille l'est. Même alors qu'ils sont activement en train de transgresser la loi, ils le font pour les bonnes raisons, pas parce que ça les amuse ou c'est ce qu'il y a de plus facile. Ils le font même en dépit des difficultés.
— Est-ce que c'est un casque de moto ? Markus demande soudain, remarquant seulement l'objet posé de l'autre côté de la jeune femme, grâce à son léger mouvement dans sa direction.
— Oui, elle acquiesce de la voix et du chef, se tournant brièvement vers sa droite.
— Tu es venue en moto, en conclut l'étudiant, toujours figé sur l'accessoire.
— Oui, elle répète, son sourire s'élargissant petit à petit à son air ahuri.
Sieg et Vlad lui ont laissé sa bécane en partant. Quand ils ont commencé à suspecter qu'elle allait sans doute s'éterniser dans les parages, quoi qu'elle en dise d'un départ prochain depuis des semaines, ils l'ont fait venir. Elle a bien essayé de l'utiliser pour se vider la tête, mais le résultat n'a malheureusement pas été aussi probant qu'il a su l'être par le passé.
— Tu sais faire de la moto, poursuit Mark dans ses déductions, toujours aussi hébété.
— Vraiment ? De toutes mes compétences tordues, c'est celle-là qui te choque le plus ? elle change enfin de disque en riant, décidément amusée par sa réaction.
— Non, je… Je sais pas. Je… il balbutie sans grand succès, incapable d'expliquer ce qui le surprend tant.
— Tu es déjà monté sur une moto ? elle l'interroge, une idée commençant à germer dans son esprit.
— Jamais. Pas même à l'arrêt, il répond en toute honnêteté, sa stupéfaction enfin sous contrôle, ce qui lui permet de détacher son regard de l'accessoire de protection.
— Huh. J'aurais pris ton oncle pour un motard, elle se permet de commenter, imaginant sans peine Sam comme féru de deux-roues à moteur.
— Pas que je sache. C'est pas terriblement compatible avec un chien, si ?
Il ne peut pas la détromper avec certitude, mais aussi loin qu'il se souvienne, il n'a jamais entendu parler de son oncle dans autre chose que sa fidèle voiture.
— Tu veux faire un tour ? propose alors Jena, les réponses à ses questions ayant amené son idée à maturité.
— Quoi !? il hoquette, surpris.
Il la dévisage à vrai dire comme si elle lui avait suggéré quelque chose d'impensable.
— J'ai un casque et des gants pour un passager. Tu aurais juste besoin d'une veste. Et puis, c'est la journée de l'indépendance, non ? elle lui fait la liste de toutes les excuses qu'il n'a pas pour dire non, ainsi que d'une potentielle bonne raison de dire oui.
— Quel raccourci… il pouffe en secouant la tête.
— Bon, tu veux faire un tour ou pas ? elle coupe court à ses protestations de principe, n'ayant pas la patience pour les entendre aujourd'hui.
— Oui. Avec plaisir, il répond de suite, malgré son commentaire précédent.
Alors qu'il bondit sur ses pieds pour aller chercher sa veste à l'intérieur, elle éclate de rire à la facilité qu'elle a eu à la faire craquer. Peut-être qu'avec un passager, elle arrivera à ne penser qu'à la route et se vider un peu la tête. Quant à lui, il est trop heureux de la distraction. Il adore ce qu'il étudie, il est intéressé par tout ce qu'il apprend, et avec toutes ces histoires, il a atteint un rythme de croisière dans son assimilation de connaissance qu'il ne pensait pas ne serait-ce qu'approcher un jour. Mais là, il a vraiment besoin d'une pause.
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